Si c’est un homme est le récit mémoriel de la période d’enfermement que Primo Levi a vécue dans le camp de concentration Buna-Monowitz, satellite d’Auschwitz, de janvier 1944 à février 1945. Primo Levi a été l’un des vingt survivants parmi les 650 Juifs italiens qui étaient arrivés avec lui dans le camp.
Chef-d’œuvre absolu de la littérature concentrationnaire, par la lucidité et la finesse de la narration, le livre a été publié une première fois par l’éditeur turinois De Silva puis onze ans plus tard par Einaudi dont l’édition, qui a connu un très grand succès, contenait des ajouts et des corrections. En effet, ce ne fut pas une nouvelle version dactylographiée que Primo Levi envoya à Einaudi mais un exemplaire de l’édition De Silva, avec le dessin de Goya en couverture. Il s’agissait d’un exemplaire qu’il avait dédié à sa femme Lucia ; y figurent sur la première page au crayon rouge : « À Lucie, le 26 octobre 1947 » et sa signature : « Primo ».
Les ajouts que Primo Levi avait apportés étaient des bandelettes de texte dactylographié qu’il avait collées sur les pages imprimées. Chaque bandelette, ou chaque nouvelle page, portait un numéro progressif qui correspondait au numéro de la page de l’édition De Silva où l’ajout devait être inséré. Le texte dactylographié d’un des ajouts les plus importants est également exposé ici. Au total, trente pages furent ajoutées, qui contiennent, entre autres, les changements au début du livre et tout le chapitre « Initiation ».
C’est Franco Antonicelli, le directeur de la maison d’édition De Silva, qui avait décidé de remplacer le titre choisi par Primo Levi, Les Élus et les Damnés, par le très célèbre Si c’est un homme. Le poème liminaire, qui s’inspire de l’ancienne prière du Chema Israël, explique bien le sens du titre définitif.