Les douleurs psychiques ne sont pas moins violentes que les douleurs physiques. Pour décrire les symptômes des maladies mentales, les médecins, même les plus positivistes, reprennent le
vocabulaire de la démonologie. En Italie, les Dr Giuseppe Chiap et Fernando Franzolini, qualifient les convulsions délirantes d’« ossessioni diaboliche ». En France, Jean-Martin Charcot, qui dirige le Service des maladies nerveuses à l’hôpital de la Salpêtrière, parle, à propos des troubles hystériques, d’« attaque démoniaque ». Son assistant, le Dr Paul Richer, écrit à ce sujet : « La malade cherche à se mordre et à se déchirer la figure ou la poitrine, elle s’arrache les cheveux, se frappe violemment, pousse d’affreux cris de douleur. » Une description qui reprend presque mot à mot celle des Érinyes dans La Divine Comédie : « Con l’unghie si fendea ciascuna il petto ; battiensi a palme e gridavan sì alto… » (Inferno, IX, 49-50).