L’œuvre, taillée dans un bloc unique de marbre, représente le combat entre l’armée du Bien et celle du Mal selon le récit des Saintes Écritures : soixante créatures forment une sorte de pyramide, en se tenant les unes aux autres au cours d’une chute désastreuse provoquée par l’archange Michel qui, placé au centre de la scène, précipite les anges rebelles dans l’abîme grand’ ouvert de l’Enfer, à l’aide de son épée dégainée et de son bouclier où l’on peut lire les mots QVIS/ UT/ DEVS (Qui [est] comme Dieu [?]) ; en contrebas, face lui, se tient un superbe Lucifer lequel, armé d’une fourche, le pointe du doigt tandis que tout autour ses compagnons déchus se transforment déjà en diables et, parmi eux, s’insinuent des serpents et des dragons démoniaques.
La Chute des anges rebelles – qui, selon les sources, aurait été commandée par Marcantonio Trento, chevalier de l’Ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte, et pourrait donc évoquer l’engagement militant des Chrétiens dont saint Michel est le protecteur – suscite depuis toujours, par son audacieuse composition, l’émerveillement de ceux qui viennent l’admirer dans le palais de la famille Trento à Padoue. Un émerveillement qui fut aussi celui d’Herman Melville lorsqu’il la vit en 1857.