Le plus grand tableau historique de Thomas Lawrence représente un corps masculin musclé entièrement nu, ne portant qu’une épée, un casque et une très légère cape. C’est Satan, l’ange rebelle tombé en Enfer qui, debout au bord d’un lac de feu, exhorte ses légions. Le sujet est tiré du Paradis perdu de John Milton (Livre I) : « Éveillez−vous, levez−vous, ou soyez à jamais tombés ! »
Le tableau, que Lawrence termine en 1797, suscite dès avant son achèvement de vives réactions, aussi bien positives que négatives. Dès alors, on considère ce Satan très proche de certaines œuvres de Füssli et même que Lawrence a voulu rivaliser avec son collègue.
Selon la critique, « le défi héroïque de Satan envers le Tout-Puissant peut être lu comme un modèle de résistance à un pouvoir distant et arbitraire […]. Avec son Paradis perdu, Milton peut être considéré comme le prophète de la Révolution, dont il prévoit l’inévitable chute dans la tyrannie ou, en alternative, le témoin du progrès difficile et douloureux mais nécessaire pour atteindre ses objectifs. »