Trascrizione
Dans cette partie de l’exposition, les vitrines au centre des salles proposent une série d’illustrations de la Divine Comédie, comme celles de Federico Zùccari, William Blake et Gustave Doré. Jusqu’à l’aube du XVIIIe siècle, le sujet privilégié de ces illustrations était l’association entre auteur et œuvre. Lucia Ricci, dans sa contribution critique, fait une importante distinction entre l’« histoire première » – à savoir le récit du voyage de Dante, pèlerin supraterrestre - et les « histoires secondaires » soit les récits de leurs vies confiés aux différents personnages, tels que Francesca ou Ugolin.
Ces « histoires » commencèrent à circuler à la moitié du XVIe siècle et remportèrent ensuite un grand succès en donnant naissance à des œuvres qui vivent en marge des livres.
Mais les premiers incunables illustrés et les premiers dessins – tout comme les premiers manuscrits – privilégient nettement l’« histoire première », à partir de la scène initiale : Dante perdu dans la forêt, la colline, les bêtes, Virgile. C’est cela le sujet de la première Divine Comédie illustrée imprimée. Celle de Cristoforo Landino, éditée en 1481, à laquelle collaborent probablement l’orfèvre Baccio Baldini et Sandro Botticelli. Et c’est cela aussi le sujet de l’extraordinaire Dante sur parchemin composé par Sandro Botticelli entre 1485 et 1490, pour Lorenzo di Pierfrancesco de Médicis.
Au XVe et XVIe siècle, les illustrations focalisées sur la topographie de l’Enfer ont aussi une importante décisive. Les éditions de la Divine Comédie illustrées exclusivement de schémas et cartes de l’Au-delà, comme celle de Filippo Giunta de 1506, ont du succès. Ces publications ont également une fin scientifique ; celles réalisées par Giovanni Stradano, Jacopo Ligòzzi et Lodovico Cìgoli furent utilisées pour les leçons dantesques données par Galilée à l’Académie florentine.
À la fin du XVIIIe siècle, comme on le disait, les histoires de personnages secondaires auront du succès mais elles peuvent aussi se baser sur celle de Dante. Dans l’édition illustrée de la Divine Comédie de Gustave Doré, les tables qui illustrent le voyage de Dante se mêlent librement à celles dédiées au baiser de Paolo et Francesca ou aux jours tragiques d’Ugolin dans la tour.