Trascrizione
Bienvenue aux Écuries du Quirinal. Votre visite de l’exposition Inferno – organisée par Jean Clair et Laura Bossi - sera accompagnée d’une série d’approfondissements audio thématiques suivant de près les contributions du catalogue de l’exposition. Le point d’observation privilégié est la Divine Comédie de Dante Alighieri mais le parcours que vous allez entreprendre embrasse l’histoire de l’art, la littérature et l’histoire sociale. Avec plus de 200 œuvres, l’exposition invite à être davantage vécue comme une aventure spirituelle que comme une succession de chefs-d’œuvre.
Nous vous encourageons avant toute chose à considérer Dante comme un poète de la renaissance, un mot clé dans cette exposition qui, nous l’espérons, vous aidera à ne pas laisser toute espérance, que vous retrouverez au terme de ce parcours. Alessandro Manzoni, Gabriele d’Annunzio, mais également Victor Hugo et Stendhal ont décrit de différentes façons la Divine Comédie comme un texte de refondation. Pour Chateaubriand, « Dante a donné naissance à l’Italie moderne » et il est indubitable qu’à l’époque du Risorgimento romantique on ait projeté sur le poète un rôle de « prophète de la nouvelle Italie ».
Même le cinéma italien des débuts a proposé une lecture de Dante comme un pont jeté vers la modernité, avec le long métrage L’Inferno, produit en 1911 par Milano Films. Le projet étonne par la grande qualité de la mise en scène, le refus des formules faciles à sensation et une appropriation décidée des langages innovants du symbolisme et du premier futurisme. Sa sortie, après trois ans d’élaboration, doit être vue comme un véritable manifeste de la production cinématographique italienne, qui eut un impact décisif sur le cinéma américain et, sur le sol national, aplanit la route à Quo vadis ? de Guazzoni en 1913 et à Cabiria de Pastrone en 1914. Dans son Histoire générale du cinéma, en 1978, Georges Sadoul admit que ce film « se démarquait de toute la production mondiale de l’époque ».
Il est aujourd’hui possible de voir une copie très proche de l’original de 1911, grâce à l’œuvre extraordinaire de reconstruction, achevée en 2011 par la Cinémathèque de Bologne. L’extrait de quelques minutes que nous vous proposons, sur le grand escalier
d’entrée de l’exposition, présente quelques-unes des scènes les plus significatives du film.